C’est un vent d’indie rock transalpin, à la fois racé, nostalgique et électrique, qui souffle aujourd’hui sur les pages de notre blog. Envoyé par le label historique Dischi Soviet Studio, le power trio italien Mama.in.inca fait une entrée remarquable dans notre sélection avec son nouveau single, “Tra gambe scelte a caso”, paru le 26 juin 2026. Une œuvre habitée qui marque le retour aux sources d’une formation majeure de la scène alternative vénète.
Né au début des années 2000, le groupe Mama.in.inca s’est rapidement forgé une solide réputation au sein de la scène rock indépendante italienne, enchaînant les disques salués par la critique — de Le rose e le spine (2004) enregistré avec David Lenci, à l’album Lenzuola in disordine (2008), jusqu’à Revoluzione en 2011. Après une longue période de silence, la formation originale s’est retrouvée avec une inspiration renouvelée. Faisant suite au titre « Cosa torna giù » paru en mai dernier, « Tra gambe scelte a caso » s’inscrit comme le second jalon d’une série de sorties qui jalonneront la route vers un nouvel album longue durée prévu pour le début de l’année 2027.
S’épanouissant dans une esthétique résolument Indie Rock et Alternative Rock, le morceau déploie une humeur profondément romantique et feutrée (romantic). Le trio signe ici un retour texturé à un rock purement « guitar-oriented », sans artifice ni fioriture inutile, où la puissance de la section rythmique sert d’écrin à des riffs acérés et à une voix narrative d’une grande distinction. Cette dualité permanente entre une énergie brute et des mélodies hautement soignées tisse de superbes affinités avec le rock arty de Bluvertigo et de Baustelle, les pulsations électroniques et rock de Subsonica, ainsi que l’intensité noise et viscérale d’Afterhours ou de Marlene Kuntz.
Sur le plan des textes, interprétés en italien, « Tra gambe scelte a caso » (que l’on pourrait traduire par « Entre des jambes choisies au hasard ») s’impose comme un voyage métaphorique à travers le bruit des jours qui se ressemblent et le silence des souvenirs que l’on ne parvient pas à abandonner. Le morceau évite le piège de la simple complainte amoureuse : il ne parle pas tant des nouvelles rencontres éphémères que de l’empreinte indélébile laissée par l’absence (« Una canzone che non parla di chi si incontra, ma di chi non si riesce a dimenticare »). À l’image de cette habitude intime de chercher un baiser familier juste après le café, le groupe capture avec une immense poésie cette nostalgie romantique qui reste ancrée en nous malgré le temps qui passe. Une pépite rock italienne, authentique et vibrante, à découvrir dès à présent en haute rotation sur RadioCastor.
A écouter sur nos playlists !

Plus
La fraîcheur insouciante et la magie romantique de Margot Perkinson avec Real Life
L’onirisme d’hiver et la poésie suspendue d’Agnes Milewski avec Robin
L’intensité chorale et la vérité nocturne de Manos Phi avec Dangerously Awake