Awake & Dreaming sortira son premier album, « Inevitable », le vendredi 16 octobre 2026. L’opus comprend dix titres pour une durée de 48 minutes ; il sera publié en autoproduction, en édition limitée sur vinyle ainsi que sur toutes les plateformes de streaming.
Dix titres qui évoquent la préservation de son humanité dans un monde conçu pour anesthésier les sens. Pianos intimistes. Murs de distorsion.
Deux singles ouvrent la voie : « Underwater » le 18 septembre et « Rewire » le 2 octobre, faisant suite à « I U Me », « Old Ghosts », « Antidote » et « Cold Shoulder » qui sont déjà disponibles.
Le groupe se produira dans dix villes de l’Ontario et du Québec à partir du 17 septembre, pour conclure la tournée au Rivoli à Toronto le 10 octobre ; l’album sera donc disponible aux stands de merchandising avant sa sortie en ligne.
Mixage : Jay Dufour (9 prix Juno).
Mastering : João Carvalho (Rush, Tragically Hip).
Pour commencer, nous allons vous présenter le groupe. Composé de Sasha Kristoff (chant et claviers), Stefan Schneider (guitare), Phil Lee (basse) et Ryan Dugal (batterie), Awake & Dreaming possède la sonorité et l’ambition d’un groupe de rock alternatif marquant sa génération. En mêlant la délicatesse du piano à des guitares taillées pour les stades, des atmosphères électroniques et une théâtralité propre à l’art-rock, le groupe a façonné un son qui conjugue urgence dystopique et spectacle grandiose.
L’interview
On s’est permis de leur poser quelques questions afin que vous les connaissiez un peu mieux avant de plonger dans leur univers.
– Entre janvier 2025 avec la sortie de I U Me, et la sortie de l’album, il y a presque 2 ans… Comment cela s’est-il passé ? Et pourquoi autant de temps (surtout que vous présentez l’album comme une suite logique, alors qu’elle n’est pas chronologique) ?
L’écart est plus long qu’il n’y paraît. Old Ghosts est sorti en juillet 2024. Le récit de l’album existait déjà, un disque sur les vulnérabilités de la vie moderne dont peu de gens parlent, mais Old Ghosts semblait terminé presque au moment où on l’a maquetté. Brut, personnel, sans polissage, par choix. Ça sonnait comme ce qu’on est, alors on l’a sorti tôt, et ça a donné à Awake & Dreaming une identité en ligne bien avant qu’il y ait un album à montrer.
I U Me a suivi en janvier 2025, et la version radio un an plus tard. Ce n’était pas une pause planifiée. C’est le temps qu’il a fallu pour enregistrer les morceaux restants et décider qui allait mixer et matricer le disque. Quand on a entendu ce que Jay Dufour avait fait de I U Me, on a su, et on l’a ressorti en version radio avec son mix. La version originale vit encore dans le clip sur YouTube.
Certaines de ces chansons existent depuis des années ; d’autres sont toutes récentes. Can’t Sleep est la première qu’on ait écrite ; c’est la piste 8. Old Ghosts a été le premier single ; c’est la piste 3. Rewire est arrivée tard, et Event Horizon est la plus récente du disque. L’ordre de l’album n’est ni l’ordre d’écriture, ni celui des sorties.
On a un immense respect pour le théâtre et pour l’art construit sur un arc narratif, avec des présages et des idées longues. Le son de « part of the machine » dans I U Me annonce Faceless. Rewire est la boucle de dopamine de tout ça, et son pont expose les vulnérabilités qu’on exploite, que Old Ghosts et Underwater explorent ensuite. Event Horizon retourne toute cette anxiété et regarde à quoi tout ça pourrait servir. Autour de ce fil, les chansons humaines : le deuil, le désir, la révolte, la dépression, la famille, l’amour. On voulait que quiconque écoute le disque du début à la fin en ressorte avec un fil conducteur qui le fasse non seulement ressentir quelque chose, mais penser quelque chose.
Et le reste du temps, on a été un groupe qui travaille : plus de cinquante concerts avant même que l’album existe, dont Rough Trade à l’El Mocambo et The Delancey à New York.
– Vous pouvez nous parler des sessions en studio ? C’était où, comment ça s’est passé ?
On produit nous-mêmes. La batterie a été enregistrée à Frontier Music, le studio de Ryan à Kitchener. Tout le reste, soit à Frontier, soit chez nous, à Waterloo, dans une maison qu’on a transformée en studio. La pièce qui servait le mieux la chanson.
Deux des sons les plus importants du disque sont des orgues, et les deux sont vrais. Sur Lights Down Low, c’est l’orgue à tuyaux de la New Apostolic Church de Kitchener, environ 8 000 tuyaux. Sur Event Horizon, c’est l’harmonium personnel de Gary Schmidt, l’accordeur professionnel qui entretient nos pianos : un instrument qui respire, pour finir le disque sur l’émerveillement.
Faceless est l’exception délibérée. Le morceau s’ouvre sur un orgue synthétique qui joue un motif classique, une imitation du vrai. La chanson parle de nouveaux dieux et de ce qu’on construit pour les adorer, alors l’intro joue exprès sur ce cliché : quelque chose qui sonne sacré et ne l’est pas.
Jay Dufour a mixé le disque à The Williamson Studios, à North Hollywood. La seule exception est Old Ghosts, que Ryan a mixé à Frontier : c’est le morceau le plus dépouillé de l’album, juste piano, synthé, basse, batterie et voix, et son mix était déjà la chanson, alors on l’a gardé. João Carvalho a matricé à Toronto.
On n’a pas délégué le son pour avoir l’air d’un groupe plus grand. Sur l’ensemble du disque, le piano délicat et les murs de guitare doivent tenir dans la même pièce, et on a travaillé avec les gens qui savent y arriver.
– Comment vous êtes-vous connus, et que faites-vous dans la vie de tous les jours ?
Sasha et Stefan se sont rencontrés pendant le COVID et ont commencé à jouer dehors, quand tout le reste était fermé. Ryan a entendu ce qu’ils construisaient et il est entré parce qu’il y croyait. Un an plus tard, Phil a complété le quatuor.
On vient de Waterloo, en Ontario. Pas de label. On gère tout nous-mêmes : les disques, la tournée, même le jeu de lumières qu’on a construit pour la scène. Dans la journée, Ryan dirige Frontier Music et enseigne ; Phil travaille à l’Université de Waterloo ; Sasha est rédactrice technique ; Stefan est docteur en informatique et travaille avec des start-ups technologiques canadiennes.
On écrit sur l’expérience humaine autour de la technologie parce que le monde semble rempli de gens qui essaient de convaincre chacun de nous d’adopter leurs idées. Du bruit. Ça laisse peu de place pour vraiment ressentir et observer ce que ces technologies nous font. Les chansons sont cette place.
Le nom vient de Sasha. Elle a une narcolepsie de type 2, alors « awake and dreaming » (éveillé et en train de rêver) est littéralement son état, et le groupe le porte comme une façon de sensibiliser. C’est aussi la thèse de tout ce qu’on écrit : éveillés à tout ce qui va mal, et en train de rêver quand même.
– Quels sont vos projets après Inévitable ?
D’abord, on le joue. The Inevitable Tour, dix dates en Ontario et au Québec, du 17 septembre au 10 octobre : Montréal (L’Escogriffe, 30 sept), Québec (L’Anti, 1er oct), Drummondville (Pub La Sainte Paix, 3 oct), puis Toronto (The Rivoli, 10 oct). Underwater sort le 18 septembre, Rewire le 2 octobre, l’album le 16.
Ensuite, on continue à écrire. Un premier album n’est pas une conclusion. C’est la pièce à partir de laquelle on construit le suivant.
L’album « Inevitable »
Le groupe prend tout le monde à revers avec cet album pensé comme un véritable fil conducteur — presque une comédie musicale — à écouter d’une traite, du premier au dernier morceau.
À l’heure du « tout au single », c’est une œuvre majeure, cohérente et ambitieuse, comme les plus grands groupes nous y avaient habitués.
Notez bien que ce que nous écrivons ici n’est pas la simple reprise d’un communiqué de presse ou la traduction du plan de comm des musiciens : c’est notre coup de cœur, un avis largement partagé par toute l’équipe. On espère vraiment que cela vous donnera envie de découvrir l’album dans sa totalité dès sa sortie !
Ensemble, déroulons la tracklist piste par piste. Et pour les morceaux encore inédits, rendez-vous le 16 octobre pour la sortie officielle de Inevitable.
1. I U Me
Titre d’ouverture de l’album, sorti en janvier 2025.
Ça y est, tout est là ! 5 minutes 14 tendues comme une corde, qui ne vous lâchent pas d’un pouce.
La section rythmique nous embarque immédiatement avec une ligne de basse époustouflante. La voix de Sasha Kristoff, à la fois douce et hyper expressive, nous charme tel un serpent en alternant couplets intimes et refrains légers, presque aériens.
Dans une veine Indie Rock / Dream Pop / Alt-Pop, le morceau explore le lien indissociable entre deux êtres, la surstimulation mentale et ce besoin vital de décrocher. Sasha y exprime une connexion symbiotique, quasi dépendante (« I am you and you are me »), tout en peignant cette surcharge psychologique qui guette (« All of this noise inside my head »). Le refrain sonne alors comme un SOS : s’échapper du vacarme pour dénicher un coin de calme réconfortant (« Take me away to somewhere quiet / Sing me to sleep »).
2. Rewire
Sortie en single prévue le 2 octobre 2026 !
Le morceau est martelé par une guitare lourde et accrocheuse dès l’introduction, alternant entre riffs saccadés sur les couplets et grands accords plaqués sur le refrain.
Le chant, particulièrement expressif, est soutenu par des voix en arrière-plan qui scandent comme un mantra : « Inspire me, desire me, admire me, rewire me », ce qui fait grimper la tension d’un cran.
Ici, le groupe parle d’aliénation, de déconnexion émotionnelle et de ce besoin urgent de se « reprogrammer » pour réussir à ressentir quelque chose. Sasha décrit le piège de la façade parfaite (« Perfectly aligned, no complaints, no problems »), mais désespérément vide. Incapable de répondre aux attentes des autres (« I can’t be what you want, I can’t be what you need »), elle réclame un vrai raz-de-marée intérieur (« Rewire me so I can feel again »).
3. Old Ghosts
Sorti en juillet 2024.
Changement d’ambiance ! On glisse vers un registre Indie Folk / Melancholic Pop extrêmement intime et enveloppant, porté par une interprétation vocale à fleur de peau.
Malgré ses 6 minutes 07, le morceau diffuse une sérénité dont on ne se lasse pas. Old Ghosts parle de deuil, de mémoire et de ces souvenirs qui nous collent à la peau. On imagine Sasha seule face à l’océan (« Standing on the empty pier »), hantée par les regrets et le poids des non-dits (« things I never said »). C’est une méditation touchante sur le temps qui passe, la peur d’être oublié (« In a hundred years no one will even know they were here ») et la présence tenace de ces « vieux fantômes » qui refusent de s’effacer.
4. Antidote
Sorti en juin 2026.
Un titre lumineux, groovy et super entraînant ! On adore le contraste entre les paroles sombres et la production résolument dansante — un grand écart qu’on retrouve d’ailleurs au cœur de la mélodie.
Antidote cherche une porte de sortie face au malaise intérieur (« poison inside of me »). Perdue au milieu d’une foule floue et étourdissante (« Lost in a hazy crowd, dizzy and out of focus »), Sasha cherche la personne capable de la libérer de ses pensées et du regard des autres… tout en se demandant si cet « antidote » est bien bienveillant.
5. Cold Shoulder
Sorti en juillet 2026.
Quelques notes dissonantes en ouverture plantent immédiatement le décor de ce morceau Indie Rock / Pop Rock incisif et engagé. La pression monte progressivement, basculant d’un groove feutré à un final choral ultra énergique.
Cold Shoulder traite de la rupture, du détachement et du mépris face aux relations toxiques ou superficielles. Sasha rejette la froideur (« cold shoulder ») et les faux-semblants d’un ex-partenaire enfermé dans ses regrets et sa cage dorée (« gilded cage »). Le titre vire ensuite à une libération jubilatoire avec la répétition frénétique du refrain « I’m gonna dance… », avant une coupure à capella nette et magistrale : « I’m gonna dance in the street while it’s burning ».
6. Underwater
Sortie en single annoncée pour le 18 septembre 2026.
Une ambiance mélancolique, introspective et purement éthérée (Indie Pop / Dream Pop).
Le morceau aborde la solitude, le lâcher-prise et l’acceptation de soi après une rupture ou un passage à vide. Sasha nous confie ses insomnies (« 2 AM, I talk to myself ») et sa manière de faire la paix avec ses propres ombres. La métaphore de l’eau est omniprésente : elle compare son état d’esprit à une baleine dérivant au fond de l’océan (« like a whale floating too far underwater »). Un refrain magnifique qui invite à laisser glisser la douleur plutôt que de se faire engloutir.
7. Lights Down Low
Une ballade folk-pop poignante centrée sur la parentalité et la difficulté de regarder grandir un enfant dans un monde devenu fou. Portée par une guitare acoustique chaleureuse et une voix mise à nu, la chanson parle d’amour familial, de ces adieux inévitables (« Kiss the kids goodbye ») et de la peur de voir les siens quitter le cocon (« out of the frame »).
En filigrane, le texte utilise le monde du spectacle et du théâtre (« the curtains close », « after the show ») pour s’interroger : qui est-on vraiment une fois que les masques tombent et que les projecteurs s’éteignent ?
8. Can’t Sleep
Can’t Sleep capture à merveille la sensation d’angoisse nocturne et cette impression que tout s’accélère (« the world is turning », « train heading off the tracks »), quand la nuit réveille nos doutes.
Mais face au vertige, la chanson se transforme en une superbe ballade amoureuse moderne : la présence de l’autre devient le refuge ultime pour traverser la tempête (« hold me tonight », « be my great escape »).
Cette dualité entre peur et réconfort s’incarne dans les arrangements : la ligne acoustique principale insuffle une énergie très optimiste, tandis que les chœurs en arrière-plan murmurent l’anxiété qui couve.
Et cerise sur le gâteau : si vous n’arrivez vraiment pas à dormir, ce sont plus de 7 minutes de pur bonheur que vous offre ce morceau Indie Pop / Folk Pop survolté !
9. Faceless
Changement de décor avec un style Alternative Rock / Post-Grunge bien senti.
Avec son intro stylée, j’ai cru un instant me retrouver en Australie à écouter un joueur de didgeridoo ! Un comble, car en réalité, Faceless dénonce notre dépendance à la technologie, à l’IA et aux algorithmes. Le texte qualifie ces entités de « nouveaux dieux » sans visage (« These are the new gods, bow down to the faceless »), soulignant la perte de contrôle (« get out of our control ») d’une société surveillée sous tous les angles (« analyzing every step we take »).
Sasha nous livre ici — selon nos goûts personnels — sa toute meilleure interprétation vocale : une voix puissante et rocailleuse, oscillant entre lignes anxieuses et envolées saturées sur les refrains. Un morceau d’une puissance brute !
10. Event Horizon
Un final totalement théâtral !
Ce titre Symphonic / Progressive Indie Rock aux accents Dream Pop / Celestial Rock tranche radicalement avec le reste de l’album et rappelle les grandes heures de Pink Floyd ou de Barclay James Harvest.
Event Horizon est une quête de salut et d’espoir face à l’immensité et aux ténèbres. À travers un imaginaire cosmologique envoûtant (supernovas, étoiles, symphonies perdues dans la brume), le texte résonne comme un appel mystique vers une lumière capable de nous guider et de nous transformer (« Maybe you can save us, maybe you can change us… illuminate us »).
Une conclusion magistrale pour un album qui ne l’est pas moins !
Suivre Awake & Dreaming :
Site web : awakeanddreaming.com
Instagram : @awakeanddreamingband

Plus
Albatross séduit avec l’envoûtant et poignant If I Were In Your Shoes
Make Believe Love séduit avec le survolté et satirique Organic Growth
Joseph Turner et The Dudes of Hazard séduisent avec le rugueux et survolté Backbone