C’est une œuvre d’une profondeur rare et d’une richesse culturelle fascinante qui s’installe sur RadioCastor. Le musicien, diplomate et activiste américain Brennan Gilmore vient de publier, le 15 mai 2026, sous le label Concordia Discors Recordings, un single magistral intitulé « New Sudan ». Naviguant aux confins de l’Indie Folk, de la Country et du Bluegrass, ce morceau s’affiche comme le premier extrait de son tout premier album solo, “My Name is Daniel Leek”, attendu pour le mois de juillet prochain.
Le parcours de Brennan Gilmore est à lui seul un pont entre les mondes. Figure de la scène bluegrass de Virginie à la fin des années 90 avec son groupe Walker’s Run, il intègre ensuite le corps diplomatique américain et passe quinze ans au cœur de zones de conflit en Afrique et dans le monde arabe. Partout où il passe, la musique devient son langage de reconnexion : il joue dans un groupe d’Afropop en Sierra Leone, puis fonde le projet Kantara en Tunisie avec le joueur d’oud Riadh Fehri, mariant les mélodies appalachiennes au Malouf tunisien. Son premier album solo puise ses racines en 2009, lorsque Gilmore, alors en mission à Bor (Soudan du Sud), photographie une inscription tracée à la craie sur un mur : « My Name is Daniel Leek ». Cette simple déclaration d’identité, laissée par un réfugié qu’il ne rencontrera jamais, est devenue le cœur conceptuel de son disque. Co-produit par Nick Falk (Caamp) et enregistré en Virginie chez Dori Freeman, l’album s’annonce comme une méditation bouleversante sur l’exode et l’identité.
S’inscrivant dans la pure tradition des story songs et de la ballade folk littéraire, « New Sudan » raconte de manière poignante le périple de Daniel face à la guerre. Le morceau fait directement écho aux récits des « Lost Boys of Sudan », ces milliers d’enfants orphelins contraints de fuir à pied vers les camps de réfugiés. Inspiré par les témoignages recueillis sur place par l’artiste et par la lecture du roman « What is the What » de Dave Eggers (auquel il emprunte l’image de la robe jaune de la mère), le texte évoque la perte, la séparation d’avec la fratrie (« Oh my sister, where are you now? / Dear brother, have you been found? ») et la quête d’un havre de paix. Proche des univers texturés de Wilco, Hiss Golden Messenger ou des Punch Brothers, Brennan Gilmore livre une orchestration acoustique d’une grande finesse, où la mélancolie des grands espaces américains épouse une sensibilité humaniste universelle. Un grand moment de poésie folk, nécessaire et profondément touchant.
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